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Une rentrée scolaire 2018 dans le Pas-de-Calais sous tension ?

Publié le 13 mars 2018 dans Education

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Lors des différentes manifestations auxquelles j’ai participé ces derniers jours, de très nombreux citoyens, maires et conseillers départementaux m’ont fait part des problèmes concernant les premières projections en terme d’effectifs enseignants dans les écoles du Pas-de-Calais pour la rentrée 2018.

Bien évidemment nous ne pouvons que collectivement nous réjouir de la volonté du Ministère de soutenir l’éducation prioritaire avec ces dédoublements de classes de CP et CE1 en REP+.

Nous le voyons bien à travers les compétences du Département en matière de solidarité, il est primordial d’avoir une action publique forte dès les premiers âges de l’enfance pour contribuer à l’égalité des chances. Pour cette raison, je tiens particulièrement à l’engagement de notre collectivité pour le développement de la lecture publique et la culture, en soutien au formidable travail engagé par la communauté éducative.

Reste que si ce dédoublement des classes en REP+ sera assurément un facteur de réussite, cela ne peut pas se faire au détriment des autres écoles au risque là d’accentuer les fractures territoriales.

A cet égard, je reste très attaché à la scolarisation des enfants de moins de 3 ans, particulièrement dans les communes en secteur prioritaire. Le précédent gouvernement avait fort bien compris cette nécessité et il ne faudrait pas qu’elle redevienne une variable d’ajustement des effectifs enseignants comme nous l’avons connue par le passé. Il en va de même pour les procédures de remplacement des enseignants absents ; c’est un enjeu majeur pour la réussite des enfants de nos villes et nos villages.

Or bon nombre d’exemples qui m’ont été remontés apportent quelques légitimes motifs d’inquiétudes.

Une inquiétude aussi quant à la fermeture potentielle de 29 classes maternelles et élémentaires de communes dites rurales.

Dans ces territoires, l’école est à la fois un repère hautement symbolique de la vie locale ainsi que le principal vecteur d’ascension sociale. Cette décision de fermeture de classe affecte, de ce fait, non seulement les élèves, les parents, les enseignants mais aussi le village tout entier.

 
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Une décision de l’Education Nationale d’autant plus difficile à comprendre que certaines écoles concernées par une fermeture sont placées en Zone de Revitalisation Rurale (ZRR). Or les ZRR ont été créées afin de regrouper des territoires ruraux qui rencontrent des difficultés particulières telles qu’une faible densité démographique mais également un handicap structurel sur le plan socio-économique.

Si chaque département a ses spécificités, le Pas-de-Calais présente celle d’être à la fois une conurbation de villes moyennes et un tissu rural très dense. Cela implique une action publique vigilante et forte au nom de la solidarité entre les territoires. Nous nous y employons jour après jour, notamment dans le cadre du Schéma Départemental d’Amélioration de l’Accessibilité des Services au Public (SDAASP), co-piloté avec les services de l’Etat, et dans lequel les établissements scolaires tiennent une place prépondérante.

Il ne faudrait donc pas qu’une mesure positive de dédoublement de classe dans certains secteurs vienne impacter négativement l’école d’un quartier voisin ou de la campagne proche. Si tel était le cas nous aurions failli collectivement à notre mission.

Aussi, face à ces problèmes, j’ai interpellé officiellement le Directeur Académique des services de l’Education Nationale. Il est essentiel de faire valoir les intérêts de la population et ceux de la jeunesse du Pas-de-Calais. J’y serai en tout cas très attentif.

Jean-Claude LEROY, Président du Département du Pas-de-Calais.