Bienvenue sur le site du groupe socialiste
au conseil départemental du Pas-de-Calais

Les services publics : la république dans les territoires

Publié le 27 mars 2018 dans Services publics


Article « La Voix du Nord » du 26 mars 2018.

Plus que « des mesures pro-fonctionnaires » c’est surtout une certaine idée des services publics que nous défendons. Les « mesures sociales pour les agents du Département, en termes de recrutement, d’indemnisation » dont il est fait mention dans l’article sont en fait une adaptation au nouveau cadre législatif, les évolutions de carrière et les mouvements nécessaires pour assurer un service optimal pour la population. Les recrutements couvrent les besoins et les départs à la retraite, sans augmentation globale du nombre d’agents ; en revanche nous refusons de dégrader le service. Enfin, nous avons décidé d’améliorer les conditions d’emplois des agents d’entretien des bâtiments départementaux pour un meilleur accès à la retraite. S’attaquer à la précarité et améliorer les conditions de travail restent important à nos yeux.

 
capture-video-services-publics-26mars

 
Retrouvez également un contre-exemple avec cette vidéo réalisée dans le département de la Somme où la majorité du Conseil départemental a de nouveau supprimé 50 postes…

 
Ci dessous, les deux interventions du Président Jean-Claude Leroy et du Président de Groupe Laurent Duporge à ce propos.
 

Jean Claude Leroy en séance plénière

SEQUENCE RH : INTERVENTION DU PRESIDENT SUR LES SERVICES PUBLICS

Intervention du Président Jean-Claude Leroy

Au travers de ces rapports liés aux ressources humaines, vous l’aurez compris, au Département du Pas-de-Calais, le service public ça a un sens et les agents qui le constituent méritent toute notre attention.
C’est d’autant plus important à un moment où les annonces de réformes qui tombent ne cessent de les vilipender, les caricaturant comme hors de l’air du temps et incapables de se réformer.
Nous adhérons tous à l’idée de modernisation et de simplification de la fonction publique, une fonction publique qui est d’ailleurs dans un mouvement perpétuel de réforme. Prenez le statut de la fonction publique territoriale. Il est jeune et pourtant il a été modifié 33 fois en 30 ans depuis les lois de Gaston Deferre !
Cela étant, il faut certainement aller plus loin et s’interroger sur les relations avec les usagers ou revoir le management pour sortir d’un système bureaucratique hiérarchisé et redonner place aux agents, laisser le droit à l’initiative.
Mais il ne faut ni le faire n’importe comment, ni dans un climat de défiance à l’égard des fonctionnaires ou en les braquant.
C’est d’autant plus provocant que ces réformes sont initiées par un corps professionnel, d’ailleurs très hermétique, mobilisé depuis Bercy sur la question des moyens, soucieux d’une gestion efficiente.
Au-delà des tableaux de bord, des indicateurs de résultats, il paraît utile de prendre le temps regarder les cartes pour y découvrir qu’il existe des villes, des villages dans lesquels habitent des gens et que c’est pour eux que nous devons penser l’aménagement du territoire et donc la présence publique.
On peut être ouvert à toutes les possibilités, mais avant de se précipiter dans une réforme de la fonction publique, il faudrait savoir quels services publics attendent les usagers, notamment au niveau des collectivités territoriales. C’est là qu’est l’enjeu !!
Savoir ce que les habitants attendent, ce dont ils ont besoin et ce même avant de savoir qui, des agents publics ou du secteur privé, doit en assumer les missions.
Je pourrais évoquer les mêmes provocations sur le sort de la SNCF. La SNCF est un emblème, c’est le symbole d’une France du service public, capable d’investir pour maintenir un réseau dans tous ses territoires, y compris ceux qui ne sont pas rentables car il s’agit d’une question d’égalité des citoyens, le symbole d’une France qui depuis la Libération avait choisi de faire du rail un élément clef de l’unité nationale et de l’aménagement du territoire.
Par ailleurs, alors que nous en sommes, en France, les premiers à nous approprier la bataille contre le changement climatique, voici que nous oublions opportunément d’en parler lorsque sont brandis les calculs du coût du ferroviaire et qu’il s’agit d’expliquer qu’il n’y aura pas d’électrification sur la ligne Boulogne / Amiens parce que ça ne sera jamais rentabilisé.

Le service public, je le redis avec force parce que je le sens de plus en plus menacé, c’est le patrimoine de ceux qui n’ont rien, c’est la présence de la République dans les territoires. Sans service public, ce sont toutes les solidarités du territoire qui se dissolvent.
La décentralisation de 1982 a évidemment marqué l’histoire de la République et des institutions, en nous faisant sortir de siècles de tradition jacobine. Et cela a bien fonctionné. Que l’on se souvienne de l’état des routes nationales ou des collèges, sur lesquels notre effort a quintuplé par rapport à ce qui était fait antérieurement.

Avec le serrage de vis des dépenses locales, la baisse imposée de fonctionnaires, l’assèchement des recettes fiscales et le rationnement de l’emprunt, la décentralisation est en passe d’être sérieusement remise en cause en France.

Ces réformes portent à la fois l’idée d’une évidente recentralisation et le déploiement d’un modèle anglo-saxon qui voit plutôt la nation comme une conjonction d’intérêts particuliers, organisés au sein d’une société civile, qui ne délègue à la puissance publique que des tâches limitées et laisse tout le reste à des organismes privés.

Non, l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers, un simple optimum social économique qui se règle par le coût, le prix, bref la rentabilité.

L’intérêt général est une prérogative du pouvoir politique dont la responsabilité est de le définir et d’en assurer autant que possible l’accomplissement grâce aux services publics dont le rôle est d’assurer les fonctions collectives de la société, la mutualisation des risques de la vie ou encore des services garants de l’équité et de l’accessibilité pour tous.

Vous l’aurez compris ma conviction est que le service public ne saurait être figé, parce que si les services publics étaient uniquement un lieu de défense, nous passerions largement à côté des enjeux d’aujourd’hui et demain.

Cependant on ne peut se résigner à les voir être relégués loin de l’objectif de transformation sociale, eux qui ont été conçus comme un puissant levier de réduction des inégalités et de redistribution mais aussi comme les porteurs de l’intérêt général dans des domaines où les investissements ne peuvent être que le fait de la puissance publique.

C’est primordial d’autant que nous allons aborder cet après-midi tout ce qui concoure à l’égalité entre les habitants et les territoires et donc tout ce qui fait le sens de la présence publique dans les territoires au travers du schéma départemental de l’amélioration de l’accessibilité des services au public.

Laurent Duporge en séance plénière

Rapport n°7  : PROPOSITION DE TRANSFORMATION D’EMPLOI ET DE CREATIONS D’EMPLOIS NON PERMANENTS

Intervention complémentaire : Laurent DUPORGE

Chers Collègues,

Je voulais juste associer l’ensemble des élus de notre Groupe aux propos qui viennent d’être tenus par nos collègues. Des propos très justes et légitimes sur la présence et le travail des fonctionnaires départementaux.

Je dis volontairement « fonctionnaires » parce qu’au fil du temps ce terme est devenu clivant voire négatif, ce qui est une véritable absurdité.

De qui parle-t-on en réalité dans ce rapport ? des agents dans les CER de Biefvillers les Bapaume, d’Auxi le Château, d’Hucqueliers, d’Annezin. Bref ceux qui sécurisent nos routes.

Des agents de service au collège de Libercourt, de professionnels de l’insertion, de l’autonomie, du logement, de l’accompagnement social, au plus proche de la population dans les territoires.

On évoque également des agents et des cadres du siège. Mais pourquoi serait-ce un problème ? ces personnels au service de l’aménagement foncier, à l’exécution budgétaire, au service du personnel, tous avec une fonction et une utilité bien précise.

Dans cette star up que devient la France, il est moderne et pragmatique d’opposer les statuts et les individus, en laissant entendre au passage qu’il y a des fonctionnaires utiles et d’autres qui le seraient moins.

Nous devrions nous méfier de cette opposition organisée qui au final ne profite qu’à ceux qui vont bien voire même très bien.

Parce qu’il faut tout de même se demander où pourrait se trouver la modernité quand certains services ne seront plus rendus ?

Se demander aussi où serait l’égalité si la péréquation n’était plus la règle avec des tarifs différents selon l’endroit où on habite. Nous savons que les coûts et les critères de rentabilité ne sont pas les mêmes d’une métropole très dense à un territoire plus reculé.
C’est bien l’action publique qui amène cette correction.

Se demander enfin quels sont les services à supprimer, en faire une liste très transparente. Cela éviterait les faux semblants et cette illusion qui voudrait qu’une suppression se transforme en amélioration.

On ne peut pas applaudir d’un côté chaque coup de rabot dans la fonction publique puis s’offusquer ensuite qu’une classe ferme ou qu’une permanence en Sous-Préfecture n’existe plus. On ne peut pas non plus laisser croire qu’il y aurait des missions accessoires au sein des collectivités locales.

Nos proches et nous-mêmes sommes tous à un moment donné des usagers d’un service, des bénéficiaires d’une mesure en matière de santé, de dépendance, de transport, de logement, d’éducation… Et le service public permet justement l’égalité entre les citoyens, quel que soit le lieu et le niveau de revenus.

Et vous savez ce que disait François MITTERRAND à propos de l’égalité… il disait qu’elle n’est jamais acquise, qu’elle est toujours un combat.

Un combat qu’il est important de mener avec le sentiment de fierté d’avoir de tels services publics dans notre pays ; qu’il s’agisse des services publics d’Etat, hospitaliers et les collectivités locales. Ce bien commun devrait d’ailleurs nous rassembler plutôt que de nous diviser.